Porto Alegre

La ville (plan de la ville) est une métropole d’environ 1,4 million d’habitants. C'est la dixième ville du Brésil en termes de population (IBGE, 2010) et la 7ème ville la plus riche du Brésil, avec un P.I.B. (Produit intérieur brut, 2008) de l’ordre de US$ 18 milliards. Il s’agit de la capitale de l’État de Rio Grande do Sul (RS), l’État le plus méridional du Brésil situé à la frontière avec l’Uruguay et l’Argentine (carte du monde) et comptant, quant à lui, environ 10,7 millions d’habitants et un P.I.B. (relatif à l’an 2008) de US$ 100,0 milliards (IBGE, 2010).

L’État de RS est composé de 4 macro régions : une première région plutôt dédiée à élevage extensif et à la production de riz à grande échelle (appelée « moitié Sud de RS ») ; une deuxième plutôt plus tournée vers la production de maïs, soja, lait, fruits et d’autres produits du terroir, industriels et de services (dénommée  « Nord-ouest colonial ») ; une troisième, surtout productrice surtout de biens industriels et de services, où se situent des industries techniquement avancées, telles que Marcopolo, Randon et Tramontina, exportant vers des dizaines de pays (appelée « région de la serra gaucha ») ; et une quatrième région, la région métropolitaine de Porto Alegre, dédiée à la production de chaussures (aux alentours de la ville de Novo Hamburgo), à la pétrochimie et aux services.

Les personnes nées ou habitant dans l’État de RS, surnommées « gauchos », sont le fruit d’un grand métissage. Aux natifs, se sont postérieurement ajoutés de multiples ethnies de colonisateurs, tels que portugais, espagnols, africains, allemands, italiens, polonais, russes, ukrainiens, juifs et d’autres encore [statue du « laçador » (cavalier adroit au lasso)] ; à partir de ce mélange s’est formé une culture riche et distinctive s’est formée et s’est disséminée partout dans le Brésil suite aux vagues successives de migrants. Parmi les manifestations les plus caractéristiques de la « culture gaucha », il y a l’habitude de « boire du chimarrão », la constitution de CTGs (Centres de la Tradition Gaucha) et l’établissement de churrascarias [restaurants qui proposent une abondance de viandes rôties à la broche], l’usage d’un langage et de vêtements typiques, la préservation d’un folklore varié, de même que la pratique de « danses traditionnelles gauchas », comme « cana verde », « chimarrita » et « pezinho ».

La ville de Porto Alegre se situe à la frontière Est de l’État, sur une péninsule, près de l’embouchure du fleuve Rio Guaíba (formé par 4 rivières), où celui-ci se jette dans la lagune Lagoa dos Patos (plage d’ipanema), qui constitue la plus grande lagune d’eau douce du monde. La région métropolitaine, composée de 23 municipalités, compte environ 3,5 millions d’habitants.

Porto Alegre détient plusieurs titres qui la mettent en évidence au Brésil :

- la capitale avec le meilleur IDH (Indicateur de Développement Humain) du Brésil, d’après l’ONU ;

- la capitale culturelle du Mercosul ;

- la ville la plus mais arborée du Brésil, avec plus de 700 places publiques, 2 réserves biologiques et 7 parcs urbains ;

- détentrice de la plus grande zone rurale parmi les capitales brésiliennes.

L’histoire de la ville remonte au XVIIIème siècle, lors de la construction d’un petit lieu d’ancrage sur les berges de l’actuel Fleuve ou Lac Guaíba afin de favoriser la communication avec le village de Viamão, distant d’environ 15 km de là et, à l’époque, la principale communauté de la Capitainerie (ou Province). De par sa fonction, le village a été nommée « Port de Viamão » (image du port actuel). Après l’arrivée d’à peu près 60 couples d’Açoréens (Portugais originaires de l’île des Açores), le nom « Porto dos Casais » a été adopté.

En 1773, le village a été choisi comme siège du gouvernement de la capitainerie, jusqu’alors installé à Viamão. En 1809, une décision royale a élevé la communauté à la condition de vila et, en 07/10/1809, elle est devenue le siège de la ville de « Porto Alegre ».

Vers 1820, le biologiste français Auguste de Saint-Hilaire a visité la ville et a enregistré de façon magistrale les caractéristiques constatées à l’époque dont plusieurs sont toujours présentes et marquent encore la ville (POA-1820). La place de la matriz, d’où on avait des vues imprenables sur l’Ouest, le Nord et le Sud, constitue encore aujourd’hui un point de repère de la ville et de l’État ; sur cette place sont installés les sièges des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, de même que la cathédrale ou siège local de l’église catholique, religion suivie par la majorité de la population locale. Son peuple continue à être aimable, hospitalier, et contestataire par rapport à la situation sociale locale et nationale. La population est historiquement divisée en deux courants, favorables et contraires, tels que farroupilhas ou impérialistes, « maragatos » ou « himangos », gremistas ou colorados.

Porto Alegre a toujours participé activement à la vie politique, économique, sportive et culturelle du pays. C’est la capitale la plus cultivée du pays, avec plus de 20% de ses chefs de famille possédant un diplôme d’études supérieures. Deux grandes Universités y sont installées (UFRGS et PUCRS). L’Université Fédérale de Rio Grande do Sul (UFRGS) se situe parmi les 3 principales institutions du pays, notamment du fait de la qualité de ses cours de troisième cycle. Dans la région métropolitaine sont aussi établies deux autres grandes universités privées (ULBRA et UNISINOS) et plusieurs centres universitaires. La ville est le siège de deux grandes équipes de football, Grêmio et Internacional, qui font partie des 13 clubs les plus importants du pays. On estime que Grêmio a 6,7 millions de supporters au Brésil, contre 5,8  pour Internacional ; chacun des deux clubs comptant des histoires victorieuses, notamment l’obtention de plusieurs championnats nationaux et internationaux, y compris le « Mondial des Clubs » (Grêmio en 1983 et Internacional en 2005).

Parmi les principales entreprises sises à Porto Alegre, nous pouvons mentionner Gerdau, Sicredi, Banrisul, CEEE, Zaffari et RBS. D’autres entreprises opèrent dans des municipalités voisines, tout en ayant leurs sièges administratifs à Porto Alegre (FIERGS, Federasul). Le pôle pétrochimique Triunfo, installé dans la région métropolitaine, occupe une place importante dans le secteur pétrochimique, principalement en fonction de la main-d’œuvre qualifiée disponible dans la région. Pour des raisons similaires, l’entreprise américaine Dell Computers a choisi la ville voisine d’Alvorada pour y installer une filiale. Dans la municipalité adjacente de Gravataí, opère l’une des filiales les plus pointues de General Motors. La ville et sa région métropolitaine se mettent en évidence de par leur offre de services médicaux (Santa Casa, Hospital de Clínicas), leur commerce varié et qualifié (Rua de la Praia, Shopping Iguatemi), leurs compétences technologiques (grâce à des projets fortement innovateurs, tels que Tecnopuc, Tecnosinos, Ceitec), leur aménagement urbain et leur propreté, outre les événements culturels, la préservation de l’environnement et du patrimoine historique (Igreja das Dores), et l’offre variée en matière de gastronomie. Le coucher du soleil est décrit comme l’un des plus beaux de la planète. Dernièrement, la ville a été choisie pour la réalisation d’événements scientifiques et culturels, et plusieurs entreprises y ont installé des filiales et sièges administratifs pour faciliter leurs opérations commerciales et industrielles au sein du Mercosul. Plus de 20 hôtels sont en cours de construction pour accueillir le flux croissant de touristes, professionnels indépendants et entrepreneurs.

Plus d’infos concernant Porto Alegre sur le site IBGE-cidades.

Luis Roque Klering (mis à jour le : 25/07/2012)